09 novembre 2007
Fragments poétiques
Nous nous entendons rire l'un l'autre
Tandis que tu es absent
Lorsque la fleur se referme sur le silence,
l'eau que tu verses ailleurs
*
Elle poursuit la boucle immuable
à son tour,
sale l'heure sombre
des rêves d'amants
*
Rien qu'un caprice à ta santé :
Le liquide que je bois
me rappelle ton liquide
*
Dans le centre, tout est éteint
ou presque :
Il y ce point là qui reste
08 novembre 2007
Fragment poétique
Aujourd'hui encore,
mon corps ceignant le monde,
je monte sur le pont
où nous hèle le feu
Fragments poétiques
Je m'endors sous sa voûte noire.
Son corps que j'ai choisi
respire déjà l'absence morte
*
La demi-pénombre acérée
ramène le fer sur ma peau froide :
Toujours, le corps sait
*
L'orée de sa route d'eau
jaillit du trou clair :
Une fleur mouillée d'un ver droit
*
La plaque de bois noir
du ciel imperturbable
s'enroule d'écharpes tristes
07 novembre 2007
Fragments poétiques
De quelque pénombre froide
que je creuse acharnée
J'entends toujours le miel
du bout des doigts
*
Je trépasse secrète à Tes Pieds
dans les yeux gris d'un voyageur
Puis nais ailleurs :
Voici cinq oiseaux
30 octobre 2007
Fragments poétiques
De cette nuit dans l'automne
l'espace feint le doute
au nez des becs clairs
*
Auréole d'eau
d'inexistance pressée par le temps
s'évanouir
Fragments poétiques
Paume pâle ébahie entrouverte
où le fruit mûr
*
Dans sa présence la prescience
m'honore
Qui descend-monte s'insinue
jusqu'au trou offert
*
Etreint furieusement dans la douceur l'homme sur le fil rouge et le feu haut
En bas l'eau ter
rible
Fragments poétiques
J'ai songé à l'écarter j'écarte
Là où est la faim
Passe la main Pas ce temps
*
L'espacer ce corps de fer
qu'il boulonne avant minuit
Jaillir l'affaire mâle
*
Immobile cloîtrée dans l'ombre mais
Crie !
Eventrée sous son joug fer
mée au centre
29 octobre 2007
Fragment poétique
Tandis que je t'offre au-delà de tout
Pouvoir la faim le vrai
fragment poétique
Claque des dents liquides
l'être
étendu au-dessus d'une mare qu'on éponge A l'effroi
Tout commence comme la fin de la mère ?
Fragment mercurien
L'indolent matin pour s'encanailler du silence, et perce.
Il s'immisce avec son sabre imparfait et tendre au coeur de ma fente avide de soleil. Le ciel est le lit vierge. Tout reste à étreindre ou à coucher dans le rythme effréné d'une presque immobilité d'apparence : les ombres chinoises, morceaux d'épingle des arbres noirs s'animent à l'abri du voyeur trop vide pour sentir ; une pie a sauté d'une branche, la queue en panache, arquée dans le mouvement du trapéziste.
Ce trapèze feuillu, humble en majesté, il s'en faut de peu pour qu'il tombe ou tienne l'équilibre entre deux lumières, au passage de l'éveil, l'incendie mystérieux.
Et il tient. Il s'oublie surtout, les figures laissent passer l'esprit, oublient de ces pensées (je n'entends pas l'oubli de la mémoire mais celui de la Raison, des dogmes et des convenances ; une rature rousse dans la préciosité d'ordre)
Oublier ainsi, le col remonté jusqu'aux oreilles et jouir, puisque tout est là, du soleil qui pénètre profond à l'intérieur et me découvre telle que je m'ignorais.
Automne, saison des faunes, ces aimables amants qui baisent la part inconnue de l'humain et la soulève sous le vent.
Je me laisse aimée secrètement alors, ma corne unique frémie de la journée neuve.